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Extraits de "La Voix du Petit Anjou" n° 45, juin 2000

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Au sommaire du n° 45, juin 2000

Edito : Bonnes vacances.
A vos agendas : expos, inauguration...
Une assemblée 2000 mémorable.
La B 111 prête à enfiler sa robe de gala.
Des expos, encore des expos.
Quelques nouvelles du futur atelier.
Ils sont des nôtres... 11 nouveaux amis du P'tit Anjou.
Festival de draisines en Baie de Somme.

Bulletin n°45

 

Ultimes travaux pour la B 111

Avec un peu de retard en raison des effectifs réduits et de divers problèmes techniques de dernière minute, notre voiture B 111 entre actuellement en phase de peinture. Pour être précis, les couches d'apprêt doivent être appliquées les 17 et 18 juin, tandis que les couches de laque pour la finition sont prévues le 1er juillet. Comme vous le constatez sur les photos, rien ne manque plus extérieurement sur la caisse, à part les conduites de frein et leurs "boyaux". Intérieurement il reste encore à monter les porte-bagages, les rideaux, les arrêts de portière et les sécurités pour ne pas se pincer les doigts. Il reste aussi à effectuer tout le marquage après peinture, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. A ce sujet, nous recherchons un peintre en lettre confirmé.

La B111 prête pour la peinture La B 111 complète, prête à passer en peinture.
Fin mai 2000.

Au cours des 3 derniers mois, nous avons réalisé tout l'ajustage, le tôlage et le montage des 8 portières, ainsi que la pose des 80 m de couvre-joints. Précisons qu'il a fallu en fabriquer 12 m à partir de tubes découpés dans le sens de la longueur, puis les fraiser de chaque côté, car aucune entreprise ne pouvait les faire ! Rien que pour cette opération, le Lycée Henri Dunant à Angers a dû faire des prouesses avec un découpeur à plasma tandis que notre chef outilleur, Jean, a été obligé de fabriquer un montage d'usinage spécial ! Ajoutons que Jean a aussi fait un outil spécial pour emboutir deux malheureux profilés de 45 cm également introuvables dans le commerce, et que personne ne veut non plus fabriquer Au passage, remercions André Marolleau qui a réalisé une série de pièces pour fixer les serrures, Fabien Lecuit (connu à Thouarcé) qui vient de terminer une partie des pièces constituant les loqueteaux de porte, ainsi que le Lycée Chevrollier qui a récemment fabriqué les équerres pour les fenêtres et différentes petites pièces en laiton.
Les travaux se sont étalés sur 5 ans, avec plus de 6.000 heures de travail et un budget de 75.000 F de fournitures. Autrement dit, s'il avait fallu tout faire faire, même en tenant compte de notre "mauvais rendement", il nous en aurait coûté au moins 500.000 F. Du reste, un devis d'une société spécialisée s'élevait à 300.000 F, pour restaurer rien que la caisse de la voiture Ac 21, et c'était il y a 9 ans... De là à dire que nous pourrions la vendre à ce prix,... il faut déjà trouver l'acheteur !

 

Fête de la vapeur ou festival de draisines ?

Telle est la question que l'on peut se poser à propos de l'édition 2000 de la fête de la vapeur organisée par le Chemin de Fer de la Baie de Somme (CFBS). En effet, pas moins de quatre draisines étaient présentes lors du week-end 15 et 16avril 2000 : aux habituées du CFBS et de l'Anjou il fallait ajouter la draisine Billard restaurée par nos confrères de l'association du chemin de fer des Côtes-du-Nord et une " grosse " draisine Renault, anciennement à voie normale, transformée en voie métrique et restaurée pour la Société d'Animation du Blanc à Argent. Cependant, rassurez-vous, la vapeur était bien présente puisqu'il y avait bien évidemment les quatre locomotives du CFBS mais aussi la 030 T Corpet originaire du réseau des Côtes-du-Nord et amenée par le Musée des Transports de la Vallée du Sausseron, la "Marc Seguin" et, le dimanche, les 231 G 558, 140 C 314 et 140 C 231 venues avec des trains spéciaux empruntant les lignes SNCF. Il fallait aussi noter la présence d'un remarquable tramway hippomobile (re) construit de toutes pièces par l'AMITRAM et regretter l'absence de la Micheline retenue en dernière minute par la société Michelin.
C'est bien joli tout ça me direz-vous, mais que vous est-il donc arrivé comme aventure cette année ? Tout le monde se souvient en effet du coup de la panne sur le passage à niveau en 1996 et, en 1998, de la tringle de commande de l'accélérateur qui se détache en pleine ligne... Que ceux qui ne s'en rappellent pas, relisent leurs anciens numéros du bulletin.
Le premier événement était tout simplement le trajet effectué par notre draisine. En effet, circulant comme les années précédentes en couplage avec celle du CFBS, nous étions par contre affectés à des navettes en gare de Cayeux-sur-Mer, au lieu de Noyelles. Ce qui voulait donc dire, chaque matin et chaque soir, le parcours d'une quinzaine de kilomètres de voie métrique depuis le dépôt de St-Valery. Avec qui plus est un parcours plus " secondaire " que sur la ligne à quatre files de rails reliant St-Valery à Noyelles, plus rural à travers champs et haies, avec de nombreux passages à niveau et aussi une belle rampe à la sortie de la gare de St-Valery-Ville. Du reste, à cet endroit il y avait comme une concentration de photographes. Il y avait sans doute les sceptiques qui attendaient qu'on plante un chou, vu la charge en remorque, juste devant le train suiveur. Ils en furent quittes pour un banal cliché, puisque, si le vieux Ballot eut quelques vapeurs au rythme de la première vitesse, on était loin de se prendre pour une Corpet.

Le couplage des draisines Anjou et CFBS dans la rampe de St-Valery-Ville.
15 avril 2000

Pour voir les photos de la fête de la vapeur de cette page en grand format, ainsi que des photos supplémentaires, rendez-vous sur la page spéciale fête de la vapeur 2000.
Couplage de draisine dans la rampe de St Valery

A Cayeux, les navettes ne furent pas sans soucis, puisque la draisine accouplée à la nôtre se trouva en état d'anémie avant même de commencer ! Même avec l'aide des badauds pleins de dévouement pour pousser, elle refusa de tracter lorsque ce fut son tour. Ah, pour donner du klaxon y'avait pas de problème... Mais, docteur Pierre et professeur Gérard trouvèrent vite sa maladie. Elle avait pour origine un malencontreux mélange de fils de bougies. Autrement dit, y'avait deux cylindres qui tiraient dans le bon sens, tandis que les deux autres faisaient le contraire... On se demande même comment ça tournait ! Après quoi, le convoi insolite pu transporter des centaines d'heureux voyageurs, avant qu'une autre panne ne fît son apparition en milieu d'après-midi. Cette fois c'était l'embrayage de notre consœur... Il nous fallut terminer en solo et abandonner le principe pour le lendemain...
Pour rentrer, il fallait mettre notre draisine en tête, mais il fallait aussi la retourner (ça va plus vite qu'en marche arrière, et ça vaut mieux pour surveiller la voie), et, plutôt que d'exhiber notre tourniquet, nous avons profité de la plaque tournante de la gare.
Le lendemain, c'est donc en solo que nous partons vers Cayeux, en ouvrant la voie devant le train à vapeur. Cette fois, la rampe est grimpée en seconde, sans aucune faiblesse ! Et pendant toute la journée, sous un ciel plus clément que la veille, notre draisine enchaîne à nouveau sans discontinuer les navettes sur la voie de la cour de la gare. Enfin, le soir après avoir retourné, comme la veille, la draisine sur la plaque tournante nous prenons le chemin du retour vers le dépôt de St-Valery. Nous en profitons pour ramener un passager qui avait envie d'essayer autre chose que le confort douillet des banquettes de bois des voitures du train qui nous précédait. A mi-chemin, en gare de Lanchères, nous rattrapons d'ailleurs ce train et sur les conseils de Pierre, notre accompagnateur du CFBS, nous poursuivons notre trajet en le talonnant à quelques dizaines de mètres afin de bénéficier de la protection assurée aux passages à niveau. Et puis, avant d'aborder la grande ligne droite précédant la remontée sur St-Valery, voilà que le moteur s'arrête... Nous voici immobilisés en pleine ligne, et, nous soupçonnons alors une panne sèche, puisque le plein n'avait pas été fait depuis le début de l'après-midi. Mais après avoir fait descendre tout le monde de la draisine et ouvert le réservoir pour en faire le plein, il faut se rendre à l'évidence qu'il est loin d'être vide. En fait de panne, Gérard réalise alors qu'il avait tout simplement appuyé malencontreusement sur le coupe-circuit placé au tableau de bord en se baissant pour permettre à notre ami Louis Pageau, située derrière lui, de prendre une photo...

Panne en pleine ligne La draisine en "panne" en pleine ligne.
16 avril 2000

Pour voir les photos de la fête de la vapeur de cette page en grand format, ainsi que des photos supplémentaires, rendez-vous sur la page spéciale fête de la vapeur 2000.

Nous repartons aussitôt pour que notre passager puisse prendre l'autocar TER qui l'attend en gare de St-Valery puis le train pour Paris. Mais en arrivant en gare, une nouvelle surprise nous attend puisque le chef de gare nous demande de continuer jusqu'à Noyelles afin d'emmener une famille dont les véhicules sont restés à cette gare. Sautant sur cette aubaine de faire des kilomètres supplémentaires, nous partons aussitôt, avec 12 passagers à bord. Dans l'histoire, le voyageur qui nous accompagnait depuis Cayeux préfère continuer en draisine plutôt qu'en autocar, même avec écrit "TER SNCF" dessus... En conséquence, il va nous falloir "faire l'heure" puisque nous quittons la gare de St-Valery-Ville à 20h03 et que le train de Paris passe en gare de Noyelles, distante de 7 km, à 20h22. Au premier PN, nous avons l'audace de narguer l'autocar TER arrêté par les barrières automatiques... Enfin, avec notre ami Louis aux commandes et après une marche (très) soutenue, nous arrivons en gare de Noyelles à 20h17. Le record de vitesse de la draisine depuis qu'elle est à l'AAPA a donc été battu puisque cela fait une moyenne de 30 km/h avec sans aucun doute des pointes à 40 vu les passages à faible vitesse au niveau du pont tournant et du dépôt. Et tout cela sans passer la troisième vitesse qui reste obstinément coincée au fond des entrailles de la boîte de vitesse... De toute façon, on est déjà bien assez secoué en seconde et, comme des vrais cheminots, nous avons fait l'heure puisque, quelques minutes après notre arrivée, le train Corail a destination de Paris entrait à son tour en gare... Il ne nous restait plus qu'à retourner la draisine sur son tourniquet avant de rentrer tranquillement, vers le dépôt de St-Valery.

Correspondance avec l'express pour Paris en gare de Noyelles sur Mer.
16 avril 2000, 20h20

Pour voir les photos de la fête de la vapeur de cette page en grand format, ainsi que des photos supplémentaires, rendez-vous sur la page spéciale fête de la vapeur 2000.

Correspondance de l'Express de Paris avec la draisine

Pourtant, les péripéties n'avaient pas dit leur dernier mot, puisque l'on s'engagea sur une voie de sortie dont les aiguillages étaient verrouillés !... Devant le cul de sac, nous avons imaginé d'emprunter les voies SNCF par l'entremise de notre tourniquet, et en remettant nos essieux en voie normale. Mais, avec cette sotte idée qui n'a germé que dans la tête de Gérard, nous serions encore sur place... Pour finir, après une marche arrière de 200 mètres, Michel retrouva la sortie du labyrinthe. Alors, sous le regard déjà interloqué à l'aller de la garde-barrière, la route du Crotoy (le fameux PN qu'on aime bien bloquer), on reprit le chemin du retour. Et là, on aurait aimé être comme Pascal, installés au crépuscule sur le talus de la voie ferrée au fond de la baie, admirant au loin le disque blafard du phare à acétylène qui grossit en s'approchant, puis, le grondement du vieux Ballot qui s'amplifie...
Il va de soi que, rendus au dépôt de St-Valery, nous en fûmes quittes pour offrir la tournée de Layon en souvenir du record de vitesses et de kilomètres parcourus par notre draisine, et pour cette occasion de souvenirs grandioses.
Merci aux équipes de la draisine : Olivier, Alain, Michel, Gérard Dezaire et Gérard David, Pierre Allard, Louis Pageau et Phili
ppe Declerck, aidés par Pierre du CFBS.
Et pendant tout ce temps, pendant que les draisineux draisinaient, nos vaillants commerçants commerçaient bien au chaud (???) sous un grand barnum (dit le palais des courants d'air) Madeleine et André, Jeannette, Patrick, Pascal et Mimi Pageau. Assurément, comme à leur habitude, le charme a joué, à voir la recette de ces deux journées au cours desquelles, il faut le dire, nos cartes postales ont fait un tabac.
Encore merci au CFBS pour son accueil toujours aussi chaleureux et à la prochaine...

Olivier - Gérard - Michel

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