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Extraits de "La Voix du Petit Anjou" n° 53, juin 2002

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Au sommaire du n° 53, juin 2002

Edito : Un immense parc d'attraction.
Quoi de neuf à la Maladrie ?.
Ferroutage à l'envers...
Les expos passées et à venir.
Rencontre avec la municipalité de Saint-Jean-de-Linières.
Un nouveau bulletin historique : le tortillard angevin.
Bientôt les portes ouvertes et l'inauguration de l'atelier.
Quand sifflait le Petit Anjou et le petit TDS.
Trois figures du P'tit Anjou nous ont quitté.

bulletin n° 53

 

Quoi de neuf à la Maladrie

Le Sauloup est mort, vive la Maladrie. Depuis le début mars environ, il ne se passe plus rien au Sauloup.

Le Dujardin dans la jungle du Sauloup Qui a dit qu'il ne se passe plus rien au Sauloup ? Il y'a au moins l'herbe qui pousse... Verrait-on d'ailleurs encore les rails si les voies n'avaient pas eu droit à un (très) léger passage de désherbant à la fin du mois d'avril ?
02 juin 2002

En effet, la plus grande partie de l'outillage a été déménagée en mars et avril. Même les grosses machines sont en place dans le nouvel atelier. C'est notre futur voisin et ami, Philippe Sérignan patron de la Sté de transport TLP, qui a effectué le transport. Le plus difficile consistait certainement à sortir les machines de l'ancien atelier. La présence des rails en saillie et le sol en terre battue rendait l'opération bien délicate, mais rien n'arrête les bénévoles de l'AAPA. II fallut une journée entière pour sortir à quatre personnes le tour, la fraiseuse, la scie, le compresseur et l'établi. A la Maladrie, ce fut un jeu d'enfant, grâce à un chariot transpalette prêté par Emmaüs que nous remercions au passage.
Comme nous l'avons indiqué dans le précédent numéro, l'instabilité du terrain à la Maladrie posait un gros problème pour le transfert des wagons. Ainsi, nous avons dû faire livrer 30 m3 de matériaux de démolition, par la Sté Occamat, pour remplir un décaissement de 40 centimètres devant l'atelier et aussi derrière. En même temps, presque tous les samedis jusqu'à la fin mai ont été l'objet de chantiers de pose de voie pour accueillir les dits véhicules. Aujourd'hui les voies 1, 2 et 3 sont quasiment terminées, avec 5 aiguillages pour les raccorder entre elles et en vue d'une voie 4. Au total, c'est plus de 200 mètres de voie qui sont en place. Mais il n'y a guère que 100 mètres d'utile pour le stockage du matériel, étant données les emprises des aiguillages. Contrairement au Sauloup, les aiguillages (ex ardoisières) présentent un rayon suffisant pour qu'ils puissent être empruntés par tous les véhicules préservés par l'AAPA, à l'exception, bien évidemment, de la locomotive dont les essieux ne sont toujours pas dégrippés !

La "longue" (75 mètres) ligne droite de la voie 3. C'est cependant suffisant pour s'entraîner au double débrayage et au passage de la deuxième vitesse sans attendre la prochaine escapade de notre draisine en Baie de Somme...
25 mai 2002
Voie 3


Pendant ce temps là, les petites mains se sont occupées à continuer les aménagements intérieurs, comme Pierre Allard qui a poursuivi l'installation électrique, Jean-Claude et Gérard qui ont posé l'évier et les éléments de cuisine, François et Thibault qui ont construit une porte de service blindée, etc., tandis que Gérard David et Jean rangeaient les outils et la visserie...
D'autre part, une entreprise nous a installé une alarme antivol qui prévient un centre de télésurveillance en cas d'intrusion. Donc, si vous n'avez pas le code, inutile de vous aventurer à la Maladrie.

Une aubaine qui rime avec Cayenne

Ayant été avisé que nous pouvions récupérer une centaine de mètres de voie aux ardoisières de Trélazé, une équipe de costauds s'est mobilisée le 29 mars pour en effectuer le démontage. Grâce au prêt d'une tirefonneuse par notre ami Jacques Praud, l'opération fut bouclée dans la journée, mais au prix d'un effort à la limite de nos forces. Par contre le transport dut attendre 3 semaines, en raison des difficultés pour trouver un transporteur disponible. Tout est bien qui finit bien, et les rails sont déjà en place. Pendant le même temps, Denis Bedouet et Gérard David ont récupéré sur le même site deux aiguillages dont l'un est déjà monté lui aussi. Sans cette opportunité miraculeuse, la troisième voie de la Maladrie aurait posé de sérieux problèmes, en nous obligeant à récupérer des rails au Sauloup, avant l'évacuation du matériel !
Dommage quand même que les ferrailleurs soient passés avant nous, en nous privant de plus de 1000 mètres de rails. (voir bulletin précédent).

démontage de rails Démontage des rails aux ardoisières de Trélazé.
29 mars 2002.
Remontage de ces mêmes rails à l'atelier de la Maladrie.
Mai 2002
Pose de voie

 

Ferroutage à l'envers

Douze des 22 véhicules qui étaient au Sauloup ont déjà été transférés. C'est la draisine qui a étrenné le site de la Maladrie, à la fin mars. Dans la foulée, les 5 wagonnets bennes des ardoisières ont fait le voyage, avec un simple camion porte-voiture comme pour la draisine. Pour finir, et c'est tout frais, 6 gros véhicules ont fait le voyage le lundi 3 juin, grâce à la Sté PETIT de St-Jean-de-Linières qui a consacré à cela tout une journée avec un matériel puissant. Le principe consistait à tirer les véhicules sur une remorque surbaissée munie de rampes inclinées, avec un câble tiré par le bras de la grue installée sur le tracteur. Ce sont déjà 15 véhicules que l'on peut admirer à la Maladrie. Néanmoins, il reste de gros morceaux au Sauloup, tels que le locotracteur Dujardin, le tramway, l'épave de locomotive, la motrice Thomson des ardoisières, le locotracteur Guillerme, etc. Pour la plupart de ces véhicules, il faudra l'intervention d'une grue et de camions, à cause de châssis trop bas qui ne permettent pas le passage des rampes de chargement.
Si tout va bien, l'atelier du Sauloup devrait être totalement libéré en fin d'année.

GD

Draisine à la Maladrie
La draisine Billard est le premier véhicule qui a déménagé du Sauloup à la Maladrie. A gauche, le wagon plat des TDS.
08 mai 2002

 

Ce lundi matin 3 juin, je fut donc obligé de me lever presque au milieu de la nuit. II était en effet 7h30 de ce que d'aucun nomme impunément le matin. Nous allions déménager une partie du matériel roulant de notre collection depuis le Sauloup jusqu'à la Maladrie.
Le Sauloup, malgré l'heure nocturne (il n'était que 8 h 30), semblait déjà éveillé et bruissait de l'activité des compagnons d'Emmaüs... quel est donc cet inconscient qui a éduqué le monde à se lever avant 9h du matin, sans penser que cela devait outrageusement nuire à la santé ? Bref, nous voici sur place, hardis bien qu'à peine éveillés et sortis des rêves de la nuit, devant ce fier camion des transports Petit qui, sans peur aucune, devait ne faire qu'une bouchée de ce malheureux tortillard qu'il devait emmener à 2500 mètres de là. II y a là Denis, Gérard et puis Gérard et moi-même, irréductible pourfendeur d'aurore. Bientôt, Pierre Allard nous rejoindra.
Bien sûr, de par sa place dans l'atelier mais aussi de par l'attachement que nous lui portons, le B 111 eut les honneurs du premier voyage. Quelques fesses se serrèrent assurément en la voyant lever le nez au ciel en équilibre précaire, se prenant sans doute pour une navette de la NASA. Tout fut bien qui se termina bien lorsque notre bonne vieille se retrouva enfin sur le plancher des vaches, ou devrais-je dire des rails, accompagné d'un soupir de soulagement de chacun.

La B 111 quitte le Sauloup en passant devant la menuiserie d'Emmaüs où nombre de ses pièces ont été refaites.
03 juin 2002
la B111 quitte le Sauloup
Arrivée de la B111 à la Maladrie

Déchargement de la B 111 à l'atelier de la Maladrie.
03 juin 2002


Le second voyage fut pour l'Ac 21, notre vétérante, la plus ancienne membre ferroviaire de notre association. Bizarrement, est-ce son état, est-ce la récente dextérité de notre chauffeur en matière de chargement ferroviaire, les fesses se firent moins serrées sans doute. En tout cas, j'entendis moins de respirations se retenir. Quand ce fut le tour de la vénérable B 118, l'aventure était déjà ancienne, banale et routinière, les regards blasés. Que dire du chargement des deux carcasses de nos wagons à bestiaux dont l'une, si légère à la vue, se serait presque offerte un chargement à la main.
Oui mais... il y avait encore le K 254 du BA, un vieux de la vieille à qui on ne la fait pas. II en à vu des bestiaux le bougre, en terre solognote, en a fait des kilomètres et a même voyagé, en son temps, par le train, pour venir chez nous. Alors, 2500 m en camion... Devait-on le déranger pour si peu dans son sommeil ? Aussi, le balourd se venge, ne s'en laisse pas compter. Comme nous avons, pour l'heure, l'affront de l'avoir déchu de son rôle ferroviaire pour n'en faire qu'un simple placard plein, comme on dit "ras la gueule"; il est lourd et ne fait rien pour aider. II fallut recourir au Dujardin pour le pousser dans la côte de la guérite. Même si ce n'est pas un col, à la main, poussant le branquignol, c'est bien un raidillon. A t-il décidé qu'il voulait rester au Sauloup ? Le voilà qui se cabre, fait patiner le Dujardin. Bon sang de bois, une ferraille traîne sur la voie qui bloque l'élan de sa roue. Le voici enfin à l'autre bout du hangar, au cul du camion. S'il daigna tout de même, d'une allure lente, tel un éléphant de cirque dans sa roulotte, grimper sur la remorque, il se remit à bouder après le voyage, à faire sa mauvaise tête, sa capricieuse... L'artiste offusqué, après le voyage, refuse de descendre, ayant peut-être trouvé la virée un peu courte. On l'y oblige tout de même, mais l'insolant continue ses histoires, met ses roues à côté d'où on lui demandait de les mettre. II fallut le pousser au cric, comme on pousse son voisin de sommeil qui prend toute la place et les draps. Enfin, le voici dans l'ornière, du rail heureusement. II fait bien ses 10 tonnes le bougre ! Et Gérard qui en rajoute : "on va le pousser à la main jusqu'au bout de la voie..."... ben voyons !

L'arrivée du K 254 à la Maladrie. Si il est bien passé sans encombre sous le linteau de la porte, les roues elles ont préféré rejoindre le béton du sol plutôt que l'ornière des rails...
03 juin 2002
Arrivée du K254

Somme toute, transporter six wagons dans la journée ce n'est pas mal du tout, c'est même plutôt bien.
Et quelle allure elle a notre B 111, au milieu du faisceau, sur fond de verdure. On pourrait presque se croire sur un vrai touristique ou, mieux encore, à Saint-Jean, trois quarts de siècle avant. Réjouissons-nous du spectacle de notre matériel qui ne se sent plus des roues sur de si belles voies, dans un paysage de plus en plus ferroviaire. Mais patience, il en reste encore une douzaine à ramener au bercail. Et des plus lourds encore.
Si je calcul bien, il me faudra encore, par deux fois, me lever au milieu de la nuit !

MRa

Draisine et B111 à la Maladrie
L'Ac 21 (à gauche), la draisine et la B 111 dans le cadre verdoyant de la Maladrie.
03 Juin 2002

 

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