| Quoi de neuf à
la Maladrie |
Le Sauloup est mort, vive
la Maladrie. Depuis le début mars environ, il ne se passe
plus rien au Sauloup.
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Qui a dit qu'il ne se passe plus rien au Sauloup ?
Il y'a au moins l'herbe qui pousse... Verrait-on d'ailleurs
encore les rails si les voies n'avaient pas eu droit à
un (très) léger passage de désherbant à
la fin du mois d'avril ?
02 juin 2002 |
En effet, la plus grande partie de l'outillage a été
déménagée en mars et avril. Même les
grosses machines sont en place dans le nouvel atelier. C'est notre
futur voisin et ami, Philippe Sérignan patron de la Sté
de transport TLP, qui a effectué le transport. Le plus difficile
consistait certainement à sortir les machines de l'ancien
atelier. La présence des rails en saillie et le sol en terre
battue rendait l'opération bien délicate, mais rien
n'arrête les bénévoles de l'AAPA. II fallut
une journée entière pour sortir à quatre personnes
le tour, la fraiseuse, la scie, le compresseur et l'établi.
A la Maladrie, ce fut un jeu d'enfant, grâce à un chariot
transpalette prêté par Emmaüs que nous remercions
au passage.
Comme nous l'avons indiqué dans le précédent
numéro, l'instabilité du terrain à la Maladrie
posait un gros problème pour le transfert des wagons. Ainsi,
nous avons dû faire livrer 30 m3 de matériaux
de démolition, par la Sté Occamat, pour remplir un
décaissement de 40 centimètres devant l'atelier et
aussi derrière. En même temps, presque tous les samedis
jusqu'à la fin mai ont été l'objet de chantiers
de pose de voie pour accueillir les dits véhicules. Aujourd'hui
les voies 1, 2 et 3 sont quasiment terminées, avec 5 aiguillages
pour les raccorder entre elles et en vue d'une voie 4. Au total,
c'est plus de 200 mètres de voie qui sont en place. Mais
il n'y a guère que 100 mètres d'utile pour le stockage
du matériel, étant données les emprises des
aiguillages. Contrairement au Sauloup, les aiguillages (ex ardoisières)
présentent un rayon suffisant pour qu'ils puissent être
empruntés par tous les véhicules préservés
par l'AAPA, à l'exception, bien évidemment, de la
locomotive dont les essieux ne sont toujours pas dégrippés !
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La "longue" (75
mètres) ligne droite de la voie 3. C'est cependant
suffisant pour s'entraîner au double débrayage
et au passage de la deuxième vitesse sans attendre
la prochaine escapade de notre draisine en Baie de Somme...
25 mai 2002
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Pendant ce temps là, les petites mains se sont occupées
à continuer les aménagements intérieurs, comme
Pierre Allard qui a poursuivi l'installation électrique,
Jean-Claude et Gérard qui ont posé l'évier
et les éléments de cuisine, François et Thibault
qui ont construit une porte de service blindée, etc., tandis
que Gérard David et Jean rangeaient les outils et la visserie...
D'autre part, une entreprise nous a installé une alarme antivol
qui prévient un centre de télésurveillance
en cas d'intrusion. Donc, si vous n'avez pas le code, inutile de
vous aventurer à la Maladrie.
| Une aubaine qui rime
avec Cayenne |
Ayant été avisé que nous pouvions récupérer
une centaine de mètres de voie aux ardoisières de
Trélazé, une équipe de costauds s'est mobilisée
le 29 mars pour en effectuer le démontage. Grâce au
prêt d'une tirefonneuse par notre ami Jacques Praud, l'opération
fut bouclée dans la journée, mais au prix d'un effort
à la limite de nos forces. Par contre le transport dut attendre
3 semaines, en raison des difficultés pour trouver un transporteur
disponible. Tout est bien qui finit bien, et les rails sont déjà
en place. Pendant le même temps, Denis Bedouet et Gérard
David ont récupéré sur le même site deux
aiguillages dont l'un est déjà monté lui aussi.
Sans cette opportunité miraculeuse, la troisième voie
de la Maladrie aurait posé de sérieux problèmes,
en nous obligeant à récupérer des rails au
Sauloup, avant l'évacuation du matériel !
Dommage quand même que les ferrailleurs soient passés
avant nous, en nous privant de plus de 1000 mètres de rails.
(voir bulletin précédent).
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Démontage des rails aux ardoisières
de Trélazé.
29 mars 2002. |
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Remontage de ces mêmes
rails à l'atelier de la Maladrie.
Mai 2002
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Douze des 22 véhicules qui étaient au Sauloup ont
déjà été transférés. C'est
la draisine qui a étrenné le site de la Maladrie,
à la fin mars. Dans la foulée, les 5 wagonnets bennes
des ardoisières ont fait le voyage, avec un simple camion
porte-voiture comme pour la draisine. Pour finir, et c'est tout
frais, 6 gros véhicules ont fait le voyage le lundi 3 juin,
grâce à la Sté PETIT de St-Jean-de-Linières
qui a consacré à cela tout une journée avec
un matériel puissant. Le principe consistait à tirer
les véhicules sur une remorque surbaissée munie de
rampes inclinées, avec un câble tiré par le
bras de la grue installée sur le tracteur. Ce sont déjà
15 véhicules que l'on peut admirer à la Maladrie.
Néanmoins, il reste de gros morceaux au Sauloup, tels que
le locotracteur Dujardin, le tramway, l'épave de locomotive,
la motrice Thomson des ardoisières, le locotracteur Guillerme,
etc. Pour la plupart de ces véhicules, il faudra l'intervention
d'une grue et de camions, à cause de châssis trop bas
qui ne permettent pas le passage des rampes de chargement.
Si tout va bien, l'atelier du Sauloup devrait être totalement
libéré en fin d'année.
GD
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La draisine Billard est le premier véhicule
qui a déménagé du Sauloup à la Maladrie.
A gauche, le wagon plat des TDS.
08 mai 2002 |
Ce lundi matin 3 juin, je fut donc obligé de me lever presque
au milieu de la nuit. II était en effet 7h30 de ce que d'aucun
nomme impunément le matin. Nous allions déménager
une partie du matériel roulant de notre collection depuis
le Sauloup jusqu'à la Maladrie.
Le Sauloup, malgré l'heure nocturne (il n'était que
8 h 30), semblait déjà éveillé et bruissait
de l'activité des compagnons d'Emmaüs... quel est donc
cet inconscient qui a éduqué le monde à se
lever avant 9h du matin, sans penser que cela devait outrageusement
nuire à la santé ? Bref, nous voici sur place,
hardis bien qu'à peine éveillés et sortis des
rêves de la nuit, devant ce fier camion des transports Petit
qui, sans peur aucune, devait ne faire qu'une bouchée de
ce malheureux tortillard qu'il devait emmener à 2500 mètres
de là. II y a là Denis, Gérard et puis Gérard
et moi-même, irréductible pourfendeur d'aurore. Bientôt,
Pierre Allard nous rejoindra.
Bien sûr, de par sa place dans l'atelier mais aussi de par
l'attachement que nous lui portons, le B 111 eut les honneurs
du premier voyage. Quelques fesses se serrèrent assurément
en la voyant lever le nez au ciel en équilibre précaire,
se prenant sans doute pour une navette de la NASA. Tout fut bien
qui se termina bien lorsque notre bonne vieille se retrouva enfin
sur le plancher des vaches, ou devrais-je dire des rails, accompagné
d'un soupir de soulagement de chacun.
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La B 111 quitte le Sauloup
en passant devant la menuiserie d'Emmaüs où nombre
de ses pièces ont été refaites.
03 juin 2002
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Déchargement de la B 111 à
l'atelier de la Maladrie.
03 juin 2002
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Le second voyage fut pour l'Ac 21, notre vétérante,
la plus ancienne membre ferroviaire de notre association. Bizarrement,
est-ce son état, est-ce la récente dextérité
de notre chauffeur en matière de chargement ferroviaire,
les fesses se firent moins serrées sans doute. En tout cas,
j'entendis moins de respirations se retenir. Quand ce fut le tour
de la vénérable B 118, l'aventure était
déjà ancienne, banale et routinière, les regards
blasés. Que dire du chargement des deux carcasses de nos
wagons à bestiaux dont l'une, si légère à
la vue, se serait presque offerte un chargement à la main.
Oui mais... il y avait encore le K 254 du BA, un vieux de la
vieille à qui on ne la fait pas. II en à vu des bestiaux
le bougre, en terre solognote, en a fait des kilomètres et
a même voyagé, en son temps, par le train, pour venir
chez nous. Alors, 2500 m en camion... Devait-on le déranger
pour si peu dans son sommeil ? Aussi, le balourd se venge, ne s'en
laisse pas compter. Comme nous avons, pour l'heure, l'affront de
l'avoir déchu de son rôle ferroviaire pour n'en faire
qu'un simple placard plein, comme on dit "ras la gueule"; il est
lourd et ne fait rien pour aider. II fallut recourir au Dujardin
pour le pousser dans la côte de la guérite. Même
si ce n'est pas un col, à la main, poussant le branquignol,
c'est bien un raidillon. A t-il décidé qu'il voulait
rester au Sauloup ? Le voilà qui se cabre, fait patiner
le Dujardin. Bon sang de bois, une ferraille traîne sur la
voie qui bloque l'élan de sa roue. Le voici enfin à
l'autre bout du hangar, au cul du camion. S'il daigna tout de même,
d'une allure lente, tel un éléphant de cirque dans
sa roulotte, grimper sur la remorque, il se remit à bouder
après le voyage, à faire sa mauvaise tête, sa
capricieuse... L'artiste offusqué, après le voyage,
refuse de descendre, ayant peut-être trouvé la virée
un peu courte. On l'y oblige tout de même, mais l'insolant
continue ses histoires, met ses roues à côté
d'où on lui demandait de les mettre. II fallut le pousser
au cric, comme on pousse son voisin de sommeil qui prend toute la
place et les draps. Enfin, le voici dans l'ornière, du rail
heureusement. II fait bien ses 10 tonnes le bougre ! Et Gérard
qui en rajoute : "on va le pousser à la main
jusqu'au bout de la voie..."... ben voyons !
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L'arrivée du K 254
à la Maladrie. Si il est bien passé sans encombre
sous le linteau de la porte, les roues elles ont préféré
rejoindre le béton du sol plutôt que l'ornière
des rails...
03 juin 2002
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Somme toute, transporter six wagons dans la journée ce n'est
pas mal du tout, c'est même plutôt bien.
Et quelle allure elle a notre B 111, au milieu du faisceau,
sur fond de verdure. On pourrait presque se croire sur un vrai touristique
ou, mieux encore, à Saint-Jean, trois quarts de siècle
avant. Réjouissons-nous du spectacle de notre matériel
qui ne se sent plus des roues sur de si belles voies, dans un paysage
de plus en plus ferroviaire. Mais patience, il en reste encore une
douzaine à ramener au bercail. Et des plus lourds encore.
Si je calcul bien, il me faudra encore, par deux fois, me lever
au milieu de la nuit !
MRa
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L'Ac 21 (à gauche),
la draisine et la B 111 dans le cadre verdoyant de la
Maladrie.
03 Juin 2002
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