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Extraits de "La Voix du Petit Anjou" n° 55, decembre 2002

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Les articles ci-dessous sont extraits de "La Voix du Petit Anjou", bulletin trimestriel de l'association. Ce bulletin est distribué gratuitement aux membres ou disponible par abonnement.

Au sommaire du n° 55, décembre 2002

Edito : ça fume quelque part.
Une inauguration en grande pompe.
Journées portes ouvertes 2002.
Quoi de neuf à la Maladrie ?
Dons, adhésions et expositions.
Qu'est-ce qui s'tram à Angers ? Y s'tram un tram ?
Latulu ? La sélection de livre très ferroviaires du Père Noël.
Quand sifflait le Petit Anjou.
A propos des Brissonneau montagnardes.

Bulletin n° 55

 

En grandes pompes...

Dix ans après l'atelier du Sauloup, et au terme de 18 mois de travaux souvent dignes de bagnards*, nous avons inauguré l'atelier de la Maladrie. C'était le samedi 28 septembre dernier.
L'affaire débuta dès l'aube, avec la mise en marche du locotracteur Dujardin, dans la crainte de ses caprices **, suivie de la formation de la rame prévue pour le voyage inaugural. Puis, ce fut l'accueil de plusieurs automobiles d'époque présentées par le club "Les 3 siècles de l'automobile" de Montjean sur Loire. Il y avait notamment  1 Traction avant, et 2 Citroën 5 HP, autrement dit 5 CV trèfle.




Derniers préparatifs avant l'inauguration.
Retrouvez ces photos et d'autres en grand format à partir des deux pages spéciales "journées portes ouvertes 2002" (1) (2).

(Plus tard, Pierre Bimier nous a rejoint avec une pièce unique au monde : une Citroën A 11 à gazogène, dont il est question dans l'édito...)
Ce fut ensuite l'accueil des partenaires, et en particulier de l'AAATV qui restaure à Nantes la locomotive 141 R 1999, de la TRANSVAP qui gère le train touristique de Connéré à Bonnétable, dans la Sarthe, et aussi de Bernard Gousseau qui exposait une loco Corpet 020 T à l'échelle 1/5 et à vapeur vive.
Presque tout ce beau monde avait pris place dans l'atelier, à la place de la rame du Petit Anjou, en compagnie du train d'Henri Ménard, de la gare de Gilbert Bernier et du stand documentaire de l'AAPA. Inutile de préciser que c'était bien plein...
Un peu avant 11 heures, les officiels commencèrent à affluer, et au moment des allocutions, nous avions le plaisir de dénombrer plus d'une centaine d'invités et de personnalités. Parmi celles-ci, nous comptions la présence de M. André Lardeux, président du conseil général de Maine-et-Loire, M. Rémy Martin, conseiller général du canton et maire de Savennières, M. Pierre Gascoin, maire de Saint-Jean et plusieurs autres maires dont ceux de Saint-Martin-du-Fouilloux, Beaupréau...

Les discours...
Retrouvez ces photos et d'autres en grand format à partir des deux pages spéciales "journées portes ouvertes 2002" (1) (2).

Quand tout le monde eut bien causé dans le micro, chacun fut invité à monter à bord du train qui venait de refouler en gare de Tichêne. A ce propos, signalons que le train comportait pour la première fois (si on excepte les essais et le train des écoliers de la veille) deux véhicules remorqués : la voiture B 111 et le wagon tombereau TDS. Hélas, la B 111 ne pouvait accueillir tout le monde à la fois, et le tombereau n'avait pas de plancher pour jouer les baignoires...*** Avec un cérémonial digne d'un film de Bertrand Tavernier (sonneries d'annonce, sifflet d'époque, chef de gare en costume et casquette estampillée SE...) le train s'élança sous les applaudissements ...de ceux qui étaient restés à quai ! Le terminus n'était pas loin, mais, fort heureusement, une erreur d'aiguillage (pas vraiment involontaire) permit de faire durer le voyage, en obligeant à un rebroussement, comme dans les Z du Darjeeling...

le train inaugural Le train inaugural.

A la descente du train, le soleil inondait le site de ses rayons encore ardents, invitant tout le monde à trinquer en honneur de la prouesse accomplie, et pour la réussite de nos projets futurs.
Tout était parfait, et pourtant un beau ratage prouve que nous étions un peu à coté de nos (grandes) pompes !
L'article suivant vous en dira davantage...

* sans compter 18 mois de prospection et de préparatifs.
** à propos des caprices de Mr Dujardin : voir plus loin l'article 'Il n'aime pas les inaugurations"
*** On parle de baignoire à propos des wagons tombereaux munis de bancs, pour les trains touristiques.

 

...mais à coté de nos pompes !

Toujours à propos de cette inauguration du 28 septembre, tout s'est déroulé à la perfection, y compris du côté du temps qui fut radieux de l'aube au coucher su soleil, à l'exception d'un point capital : le fameux ruban tricolore n'a pas été coupé ! Et pour cause... il n'avait pas été mis en place. Personne n'y a pensé. Pourtant, Jeannette avait bien apporté le nécessaire qu'elle avait consciencieusement acheté auparavant...  mais, il est tout simplement resté dans son emballage... Et il y restera jusqu'à la prochaine inauguration ! (Pour une fois, on a réussi à faire des économies sans le vouloir !)
Et en fait d'inauguration en grandes pompes, c'est nous qui étions à coté des nôtres...!

Pour réparer notre oubli, pourquoi pas un ruban tricolore virtuel ?
ruban tricolore

 

D'encourageants discours

Après la bienvenue aux invités souhaitée par Michel Raclin et les remerciements aux nombreux acteurs de la restauration du Petit Anjou, M. Gascoin rappelait l'attachement porté à notre présence sur les terres de la municipalité de Saint-Jean-de-Linières. M. Lardeux qui découvrait de visu nos activités après en avoir beaucoup entendu parler, nous faisait part de sa satisfaction de voir cette partie du patrimoine sauvegardée et nous livrait ses plus vifs encouragements. M. Martin, enfin, évoquait les difficultés parfois rencontrées par les associations de sauvegarde du patrimoine tant la tâche est grande et nous renouvelait son soutient.

 

Il n'aime pas les inaugurations

C'est du locotracteur Dujardin qu'il s'agit. A part les récents membres, tout le monde se souvient de nos angoisses et de nos frayeurs le jour de l'inauguration de la voiture B 111, en septembre 2000. Ce matin là, notre engin, qui fonctionnait à merveille la veille, avait refusé tout service jusqu'à 1 minute de la cérémonie. L'aventure s'était à peu près bien terminée, malgré une perte de temps et une tension nerveuse qui s'était répercutée une partie de la journée.
Eh bien, imaginez vous que le scénario s'est reproduit presque pareil cette fois-ci, sauf que ce fut la veille de l'inauguration, c'est-à-dire lors de la visite de écoles de St Jean de Linièress, le vendredi après-midi.
Une demi heure avant l'arrivée du premier groupe, Olivier et Gérard avaient mis toute leur énergie pour lancer le démarreur à inertie comme d'habitude. Simultanément, grâce à leur troisième main, ils ont allumé les mèches et enclenché le système. Le moteur démarra, mais très mollement, et il n'arrivait pas à prendre son régime normal. On aurait pu espérer que les choses allaient s'arranger en laissant chauffer le moteur. Nenni ! Nous en étions là, lorsque le premier groupe d'écoliers pointa son nez. Malgré tout, pendant les explications de Gérard, Olivier réussit péniblement à atteler la B 111 et à amener le convoi à quai, en gare de Tichêne, dans un gros nuage de fumée, sans signe d'amélioration. Le groupe prit place à bord, alors que nous avions de plus en plus d'appréhension. La pente aidant, le train réussit cependant à s'élancer, mais, au bout de quelques mètres le moteur faillit caler...! Heureusement, la traction reprit un peu, et ainsi de suite jusqu'au terminus, à 70 mètres de là !
Pour les deux groupes suivants, le problème persista, mais sans plus. Notre crainte, de ne pas pouvoir assurer la balade promise à ces jeunes qui étaient venus exprès, était écartée...

Quand le dujardin fait des siennes et crache des nuages de vapeur d'eau. Peut-être essaye-t'il de ressembler à une locomotive à vapeur ? Cela permet au moins de belles photos.
Retrouvez ces photos et d'autres en grand format à partir des deux pages spéciales "journées portes ouvertes 2002" (1) (2).

L'inquiétude redoublait pourtant en songeant au lendemain, avec le train des officiels qui viendraient pour l'inauguration... Marchera, marchera pas...?
Evidemment, nous avons suspecté le filtre à carburant qui était déjà en cause en 2000. Mais, depuis cette époque, il avait été changé 2 fois, dont la dernière fois très récemment. Bien vite pourtant, Olivier et Gérard, en diésélistes improvisés, se rendaient à l'évidence : le filtre était bel et bien colmaté encore une fois ! Mais, avec une telle consommation de filtres, notre stock était épuisé. Il était plus de 17 heures, et nous n'avions pas la moindre minute de disponible, après la perte de temps déjà enregistrée, pour faire ce genre d'achat avant le lendemain matin. Alors, comme en 2000, la décision fut encore de supprimer tout simplement le filtre (avec des risques de grippage de pompe ou d'injecteur). Fort heureusement, le remède n'eut pas d'effet indésirable, et le service fut parfait pendant 2 jours...
"De jour ou de nuit, du fond Dujardin fais moi peur", c'est la devise de notre engin de traction pour les grandes occasions...
Un remplacement de filtre automatique avec un robot piloté par ordinateur, est à l'étude...
Autre idée, qui n'a pas de rapport avec ce qui précède : étudier un ravitaillement automatique en vol pour éviter les pannes sèches en pleine affluence, comme ce samedi là... (avantage de la panne sèche : un bel exercice physique pour notre équipe et pour les "touristes" qui ont prêté main forte pour tourner la manivelle pendant 1/4 d'heure afin de purger le circuit d'alimentation et pour relancer le moteur !)

Un nouveau touristique en France ?

Avec nos premières circulations à la Maladrie, nous pouvons avoir l'illusion d'un chemin de fer touristique, comme il en existe beaucoup en France. Hélas, ce n'est guère qu'un embryon qui n'a aucune chance de se développer, puisque les voies ne pourront jamais être prolongées.
De toutes façons, chacun sait aussi que nos vrais projets sont ailleurs. Ils sont dans la réalisation d'une gare-musée, assortie d'une ligne muséographique, par exemple en utilisant l'ancienne gare du pays. Un tronçon de plusieurs centaines de mètres, voire de quelques kilomètres serait alors imaginable. Autrement dit, nous rappelons que le site de la Maladrie n'est qu'un site transitoire, et avant tout un atelier de travail.

En prélude à l'exploitation touristique d'une gare-musée...
Retrouvez ces photos et d'autres en grand format à partir des deux pages spéciales "journées portes ouvertes 2002" (1) (2).



A ce sujet, le maire de St Jean de Linièress a tenu à rappeler le jour de l'inauguration qu'une commission allait voir le jour avant la fin de l'année pour étudier l'avenir de ce projet. Pour l'instant, le site n'est pas disponible.
En attendant on roule quand même, mais pour notre propre plaisir. Et à bord, nous n'embarquons donc que nos amis et invités. Si vous passez dans le coin n'hésitez quand même pas à vous arrêter. Si le filtre du Dujardin n'est pas colmaté, et si vous voulez tourner la manivelle, on vous emmènera de la gare de Tichêne à celle des Youkas...
Certains sont peut-être tentés de rire de nos jubilations ou de nos déboires avec nos 80 mètres de ligne. Et pourtant, nous avons bien du plaisir, avec en prime quelques-uns des problèmes d'un vrai réseau.

Portes ouvertes

Nous avons profité de l'inauguration de la Maladrie pour ouvrir nos portes au public au cours du week-end des 28 et 29 septembre dernier. Le temps radieux aidant, nous avons eu un succès retentissants, avec près de 2000 visiteurs au fil de ces 2 jours (en comptant les personnes venues pour l'inauguration). Bien évidemment, le train constituait le clou de la visite. Mais il y avait bien d'autres attractions, comme les démonstrations de forge de François et de son père Dominique Hersant et encore la voiture Citroën à gazogène de Pierre Bimier. Dénominateur commun entre tout ça : ça fume, et ça brûle du charbon, à part le Dujardin qui préfère le carbone hydrogéné sous forme liquide, ...au grand dam de feu nos Blanc-Misseron et autres SACM, qui ne désespèrent pas de ressusciter un jour pour le plaisir de "fumer vrai" elles aussi...

la forge

La forge en cours d'allumage.

 

Bref, les écolos auraient pu nous attaquer en justice. Mais, écolo moi-même, j'avais quelques indulgences à l'égard de tout ça, en me disant que ceux qui étaient là, n'étaient pas sur l'autoroute voisine, * en train de transformer des centaines de litres de pétrole en rejets divers et variés, au lieu des quelques kilos de charbon de bois ou de houille que nous avons engloutis... (voir l'édito...)
Pour revenir au train, les commandes avaient été confiées aux plus jeunes de nos membres qui avaient obtenu un permis de conduire (en conduite accompagnée) suite aux nombreuses manœuvres effectuées durant les 2 derniers mois. Malgré la faible longueur du convoi, l'expérience devait toutefois nous démontrer que les manœuvres de refoulement sur des voies envahies par la foule nécessiteront à l'avenir une liaison entre l'arrière du train et l'engin de traction, plus efficace que le sifflet, dont le son se trouvait couvert par le bruit du moteur.
Si le train s'est octroyé la place d'honneur, notre draisine a cependant réussi à capter l'attention des visiteurs à l'occasion de deux manœuvres de retournement qui restent spectaculaires. (Par "retournement", il ne faut pas entendre les roues en l'air, mais évidemment un demi tour sur la voie...)

La draisine était aussi de la partie.
Retrouvez ces photos et d'autres en grand format à partir des deux pages spéciales "journées portes ouvertes 2002" (1) (2).

Pendant ce temps, l'atelier, transformé en salle d'exposition, n'arrivait pas à digérer l'affluence. Notre propre stand de vente s'est même trouvé en rupture de stock sur différents produits. Félicitations aux vendeurs et vendeuses qui ont battu tous les records.
Merci encore à nos amis qui exposaient dans l'atelier ou en extérieur (voir article "En grandes pompes")

Une angevine grand teint

L'angevine, c'est Claudine, la fille d'Henri Ménard. Sans doute a-t-elle été autant photographié que le train à l'occasion de l'inauguration, car, vous l'avez deviné, elle pavoisait en costume d'angevine façon 1900. Bien évidemment, elle arborait une superbe coiffe angevine qui a la particularité d'être originaire des Ponts-de-Cé. Le costume a été fabriqué par la grand-mère de Claudine pour sa fille Monique Ménard (la mère de Claudine). Deux ans après sa disparition, la plupart de nos membres se souviendront d'elle avec émotions.

Quand une belle angevine rencontre une autre belle angevine...
Retrouvez ces photos et d'autres en grand format à partir des deux pages spéciales "journées portes ouvertes 2002" (1) (2).

 

Quoi de neuf à la Maladrie

Depuis 2 ans, les travaux de restauration étaient quasiment au point mort, comme chacun le sait, en raison du transfert de nos installations. Mais, avec l'inauguration de La Maladrie, un page vient de tourner et nos activités favorites ont déjà repris. Devinez quoi...Contrairement à ce qui était annoncé, ce n'est pas le wagon couvert K 568  qui a ouvert les jeux, mais la voiture Ac 21. Rappelez-vous, celle que nous avons récupérée en 1985, sur les bords du Loir...! C'était le premier véhicule du Petit Anjou retrouvé. Quelques petits travaux avaient été effectués alors par le collège de Noyant, puis par nous mêmes, entre 1987 et 1990 sur le site en plein air de la Forêtrie, près de l'église, à St Jean de Linièress. Depuis, rien ! Sinon onze années pour notre héroïne à se morfondre au fond de l'atelier du Sauloup ! Mais elle n'était pas oubliée. Sa relégation vient simplement du fait que la draisine, qui avait l'avantage d'être un engin moteur, lui a ravi la place. Pas de chance ensuite, au moment où la draisine était inaugurée, voici que la B 111 vient nous séduire avec le gros avantage de posséder son châssis d'époque... On sait la suite.
En fait "tout arrive à point pour qui sait attendre..."
Aujourd'hui, notre Ac 21 a été séparée de son châssis (qui n'est pas le sien, du reste...) et, dépouillées de tous ses atours. Elle se retrouve donc les entrailles à l'air, ressemblent à un squelette. Déjà, on s'affaire à lui coller des centaines de chevilles dans ses os vermoulus, (n'est-ce pas, les Thibault, Guillaume, Olivier,  et autres Jean-Philippe...). Un plancher neuf est même en commande. On sait qu'il faudra quelques années d'effort pour arriver à lui redonner son allure de jeunesse. Alors, patience...

L'Ac 21 et son ancien plancher. En excellent état vu son grand age à l'exclusion des... réparations faites du temps de la SE avec un sapin de mauvaise qualité !
AC 21

Pendant ce temps, Alain, François et d'autres ont reconstruit une paire de lorrys, avec des organes donnés par Gérard Le Bars. Ils serviront tout prochainement à mettre la draisine en levage, afin de la doter d'essieux neufs. En effet, la mise à voie métrique effectuée en 1993 n'avait pas été faite dans les règles de l'art, faute de moyens suffisants. Il faut tout reprendre à zéro, à cause de jeux important apparus dans les moyeux.
En même temps, des travaux importants ont été effectués par François, Jean et Henri sur diverses machines de l'atelier qui présentaient de graves signes d'usure. Au passage, merci André pour l'aide apportée sur un moteur électrique dont l'arbre s'était sectionné.
Enfin, Jean-Claude, Gérard et Charles ont terminé les travaux d'isolation et de peinture dans la cuisine.
Comme vous voyez, ça ne chôme pas à la Maladrie.

 

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