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Extraits de "La Voix du Petit Anjou" n° 56, mars 2003

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Les articles ci-dessous sont extraits de "La Voix du Petit Anjou", bulletin trimestriel de l'association. Ce bulletin est distribué gratuitement aux membres ou disponible par abonnement.

Au sommaire du n° 56, mars 2003

Edito : 20 ans.
Assemblée générale 2003.
Voyages en perspective : Baie de Somme, Sarthe...
Draisines à bogies.
La famille Billard d'agrandit.
Nouvelles de l'atelier.
Il y a dix ans déjà nous fêtions le centenaire.
Retour sur les portes ouvertes 2002.

Bulletin n° 56

 

La famille Billard s'agrandit

Deux nouvelles draisines ont rejoint le site de la Malachie et les rangs de l'AAPA au milieu de janvier de cette année. Quoi que "nouvelles", c'est vite dit ! Elles sont en effet sorties des usines Billard à Tours en... 1933. Portant les numéros de construction 667 et 668, elles ont été livrées à la société générale des chemins de fer économiques pour son réseau de la Franche-Comté. II s'agit d'un ensemble de lignes à voie normale rayonnant autour de la ville de Gray et dont la Cie des chemins de fer de l'Est venait de confier l'exploitation à la SE. L'affermage de ce réseau à la SE/CFTA étant encore poursuivi de nos jours par la SNCF, ces deux draisines y ont mené une très longue carrière.
L'une d'elle au moins circulait encore dans les années 80 si on en croit la dernière date de contrôle de l'antigel du moteur. Conséquence de cette très longue carrière, elles ont toutes les deux eu droit à une très grande révision dans les années 1950 ou 1960 : échange du moteur Ballot par un Renault Frégate et, surtout, remplacement de la caisse en bois par une carrosserie métallique. Carrosserie et couleurs rouge et crème qui ne sont d'ailleurs pas sans évoquer l'allure des autorails et remorque Brissonneau du Petit Anjou.
Finalement réformées par la CFTA, elles ont été achetées par un particulier de Dijon. Y'aurait-il donc un nid de draisines dans le département de la Cote d'Or ? Notre première draisine en provient également puisqu'elle a été achetée auprès de l'association du chemin de fer de Bligny sur Ouche... Toujours est-il que cette fois-ci, c'est Alain qui a été informé de leur mise en vente.
Mais me direz vous, pourquoi acheter deux draisines à voie normale alors que le Petit Anjou est à voie métrique ? Tout d'abord, l'histoire de notre première draisine ou de celle de nos confères des Côtes-du-Nord prouve que le changement d'écartement est (relativement) aisé ; ensuite, nous avions ébauché il y a quelques années un projet (qui se fera peut-être ou peut-être pas) de constituer un train de draisines pour la futur gare musée ; enfin, c'est une réserve de pièces détachées pour notre première draisine.

La draisine 668 Etant à écartement normal, la draisine n° 668 va être juchée sur les deux lorrys à voie métrique visible au premier plan afin de rejoindre son lieu de stockage.
Janvier 2003.
Derniers instants de promenade sur les lorrys à voie métrique : la 668 va bientôt rejoindre sa soeur (la 667) sur les quelques mètres de voie normale posés spécialement pour ce duo.
Janvier 2003.
La 668 sur des lorrys

Pour terminer, il est peut-être utile, en particulier pour nos membres les plus récents, de rappeler, pour comparaison, l'histoire de notre première draisine. Elle est donc sortie des usines Billard en 1929 - quand je vous disais que les deux autres étaient "nouvelles" ! - sous le numéro de construction 261. Elle a alors été livrée à un réseau à voie métrique de la SE mais nous ne savons pas lequel. A une date là aussi inconnue, elle a été transformée pour la voie normale. Nous savons par contre qu'elle a roulé sur le Réseau Breton (sur les lignes à voie métrique ou sur celle à voie normale ?) et sur les lignes de la SE Gironde (voie normale). Comme écrit plus haut, nous l'avons achetée en Côte d’Or en 1992. Premier véhicule motorisé de l'AAPA, elle a été inaugurée en 1994 à l'issue d'une restauration qui lui a permis, entre autre, de retrouver son écartement métrique d'origine. Depuis elle a participé à nos plus grosses expositions et s'est offert trois escapades en Baie de Somme.
Somme toute déjà bientôt dix ans de bons et loyaux services : la grande révision à laquelle elle a droit en ce moment est bien méritée...
Si vous souhaitez en savoir plus encore sur les draisines Billard en général et en Anjou en particulier, n'oubliez pas de consulter le n° 2 du "Tortillard angevin", toujours disponible au prix de 2,00 € auprès de l’AAPA.

 

Draisine à bogies

Tout le monde a l'habitude de voir notre draisine Billard avec 2 essieux bien classiques (entraînés par 2 chaînes). Depuis le 20 janvier, les visiteurs et les habitués de la Maladrie ont pu être surpris de la voir perchée plus haut que d'habitude, et, comme équipée de bogies ! Non, il ne s'agit pas d'une fantaisie dont la simple pensée aurait déclenché une apoplexie sur le champ chez notre vice-président (et pas seulement chez lui !). II ne s'agit pas plus d'un poisson d'avril, mais tout simplement d'un problème au niveau des moyeux de roues, qui aurait conduit tôt ou tard à un incident grave en ligne, alors que se profilait notre participation à la fête de la vapeur en baie de Somme, en avril de cette année. Le remplacement pur et simple des essieux s'imposait... A l'issue de la dépose des essieux, en janvier dernier, la draisine a été placée sur les 2 lorrys donnés récemment par Gérard Le Bars ; d'où cet aspect de véhicule à bogies. A l'occasion de ces travaux, le principe de l'assemblage roue-essieu va se trouver modifié pour revenir à ce qui existe sur les plans d'époque ; ceci sans aucune incidence sur l'aspect. Nous en profitons pour remplacer également les 4 roulements.

Draisine à bogies Notre draisine sur ces deux "bogies". Pendant que les essieux sont en cours d'usinage, la caisse est remise en peinture.
16 mars 2003

Le plus difficile de l'opération fut justement de démonter les anciens roulements, et plus particulièrement l'un d'eux, en raison d'une mauvaise intervention effectuée par l'AAPA lors de la remise à voie métrique en 1993 : le dévissage de la bague qui retient le dit roulement était devenu totalement impossible. II fallut donc détruire à la fraiseuse cette bague afin de l'extraire en morceaux. Evidemment, il nous restait à refaire cette pièce, en plus de différentes autres bagues qui ne convenaient pas bien. Coup de chapeau à André qui a fait preuve de ses talents une fois de plus ! Le remontage devrait être terminé vers la mi avril... juste à temps pour l'escapade en baie de Somme.
La réalisation des essieux neufs, de même que le frettage des moyeux de roues* qui demandait des moyens particuliers, ont été confiés à l'entreprise Mignon des Ponts de Cé qui a fait preuve d'une élogieuse complaisance. Les plans de l'ensemble des essieux, bien complexes du reste, ont été élaborés par Olivier qui a prouvé ses talents d'ingénieur mécanicien.
Au passage, nous remercions aussi les Ets Petit de St Jean de Linières qui nous ont prêté de l'outillage.
En somme, voici encore un tour de force réalisé grâce à la conjonction de beaucoup de bonne volonté et de compétence dans l'association et aussi à l'extérieur.
En Somme encore, ce sera très bientôt la récompense...

* Pour ceux qui ne sont pas dans la partie, le frettage, c’est la pose d'une frette. Ca vous va comme explication, j'espère...
Si vous voulez en savoir plus, inutile d'ouvrir le Petit Larousse, il ne connait pas ces termes techniques. Explications : une frette est une bague qui est montée à force dans un alésage ou sur un arbre (souvent en chauffant la pièce femelle pour la dilater), pour compenser une lacune de diamètre. Mais c'est quoi, une lacune, un arbre, un alésage ? En vous priant de nous excuser pour le côté vulgaire de l'image : on met une frette quand ça branle dans le manche... C'est clair, cette fois...?

 

Travaux Ac 21

Compte tenu de l'urgence des travaux sur la draisine, les travaux sur la voiture Ac 21 sont un peu au ralenti. Cependant, le plafond a été entièrement décapé et les parois sont en cours. Dans les semaines à venir, le plancher neuf devrait être posé. Notons que la scierie Rétif nous a offert le bois pour refaire ce plancher. Un grand merci donc à Claude Rétif qui nous avait offert également il y a quelques temps des traverses pour les voies de la Maladrie et pour les éléments de voie portable.

Par un beau dimanche de mars, la draisine, la caisse de l'Ac 21 et le locotracteur Dujardin prennent le soleil.
16 mars 2003.

Draisine, AC21 et Dujardin au soleil

 

Classes Belem Pro

Le 14 février dernier eut lieu, au Lycée Henri Dunant d'Angers, la signature de la charte "Classes Belem Pro" qui a pour objectif de promouvoir les filières techniques dans les lycées professionnels de la région des Pays de la Loire, d'ouvrir l'enseignement sur l'extérieur et de sensibiliser tout le monde aux liens qui unissent le présent au passé.
A titre de partenaire, nous étions invités à cette cérémonie, qui fut l'occasion de rencontrer les autres partenaires, les représentants de l'inspection académique d'Angers, et aussi les responsables et les enseignants du Lycée Henri Dunant qui sont impliqués dans cette charte.
Parmi les partenaires, se trouvaient des représentants de la Caisse d'Epargne, laquelle finance l'opération, et la direction des établissements S2C d'Angers qui oeuvrant dans le secteur de la chaudronnerie et de la tôlerie lourde. A cette occasion, nous avons également eu l'avantage de promouvoir l'image du Petit Anjou et celle du patrimoine qui y est attaché.
Sans doute, vous demandez-vous le rapport de notre association avec la promotion des filières techniques de l'enseignement. Chacun sait que le présent puise ses racines dans le passé et que ce dernier n'est pas toujours aussi éloigné qu'il y paraît dans les techniques nouvelles. Par exemple, la construction aéronautique utilise toujours le rivetage. En tant que partenaire dans cette opération, nous avons été et nous serons amenés à collaborer avec le Lycée Henri Dunant. A titre d'exemple, le lycée a oeuvré pour la réalisation des couvre-joints de la B111, et il travaille actuellement sur la reconstruction de la cabine de la locomotive Pinguely.

La cabine en construction au Lycée H. Dunant L'équipe du Lycée Henri Dunant pose au tour de la nouvelle cabine de notre locomotive Pinguely.
Photo Ouest France.

L'opération revêt la forme d'un concours sur la réalisation, par les éleves de chaque école de la région, de sites internet articulés autour des composants de la charte... dont le Petit Anjou bien évidemment.
Dans le cadre de ce partenariat, les élèves concernés, sont venus nous rendre visite à La Maladrie le 25 novembre dernier, encadrés par Gaël Chevré leur professeur.


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