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Extraits de "La Voix du Petit Anjou" n° 60, mars 2004

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Les articles ci-dessous sont extraits de "La Voix du Petit Anjou", bulletin trimestriel de l'association. Ce bulletin est distribué gratuitement aux membres ou disponible par abonnement.

Au sommaire du n° 60, mars 2004

Edito.
Travaux de voie et grandes manoeuvre à la Maladrie.
Des trains de marchandises entre Tichêne et Youka.
Les ressources de l'AAPA
L'Ac 21 continue à se faire une beauté.
Dons, adhésions, expositions...
François s'est forgé une réputation de fer.
Chez les autres : le Louroux, patrie du Petit Anjou.
Henri mène grand train au pays de la canne..

Bulletin n° 60

 

L'atelier va s'agrandir

L'événement de l'année sera l'agrandissement de l'atelier de La Maladrie. Cet agrandissement de 80 m2 va porter la surface à 240 m2.
Ceux qui nous côtoient régulièrement ont pu constater l'exiguïté des lieux, et ils savent que cette extension est devenue urgente. Comme au Sauloup, les séances du samedi seraient impossibles si on ne sortait pas dehors une partie du matériel abrité. Ceci ne pose guère de problème par beau temps. Mais, lorsqu'il pleut, nous avons bien mal au coeur en voyant le fruit de notre labeur exposé aux intempéries. De toutes façons, il y a déjà un véhicule restauré, le lorry BA restauré en 1993, qui couche dehors depuis 2 ans, de même que notre nouveau pensionnaire V10C, alors que sa restauration a débuté. Avec la mise en chantier du châssis de la voiture Ac 21, c'est encore un autre élément qui aurait été condamné à dormir sous la pluie, et à rouiller avant même d'être fini. On ne parle pas non plus des différents véhicules en attente de restauration qui couchent dehors, et qui continuent à se dégrader. En dehors de cet aspect matériel, il y a aussi les gens qui sont souvent obligés de travailler dehors, exposés aux intempéries, tellement la place manque, même en sortant du matériel.
Cet agrandissement va mettre à l'abri 20 mètres de la voie n° 2, celle-là même qui longe l'actuel atelier. Une fosse technique y sera creusée avant la réalisation de la charpente, c'est-à-dire très prochainement. Elle permettra d'accéder au dessous des véhicules moteur, et notamment aux organes de transmission, de freinage, et de suspension de la machine V10C. Pour limiter les frais, cette partie des travaux sera réalisée par nos soins, à l'exception du terrassement. Bienvenue donc au maçons et autres amateurs du ciment, car nous n'aurons jamais trop de bras...

 

Déraillement en voie cinq

Lors de notre installation à La Maladrie, nous avions installé 4 voies. Avec l'arrivée de différents matériels dont la locomotive V10C, la place commençait à manquer sur les voies, au point de compromettre nos circulations avec le train. II est donc devenu impératif d'installer une cinquième voie, sur le peu de terrain qui restait disponible. Les travaux ont nécessité le rapatriement de 2 aiguillages et de quelques rails qui étaient restés au Sauloup. Encore une fois les Ets PETIT de St-Jean-de-Linières nous ont gratifiés de leur générosité en décembre dernier. Par ailleurs, en février, trois ou quatre tonnes de matériel ont également été acheminées au moyen d'une simple remorque de voiture, mais au prix de gros investissements physiques de la part de nos membres dévoués.
Du fait qu'elle est prévue pour du stockage, cette voie avait été constituée initialement de rails très légers (9 kg/m) comme nous l'avions déjà fait au Sauloup. Cet armement, réalisé sur un sol trop instable et avec un peu trop d'optimisme, nous a valu un beau déraillement lors de la première tentative de manoeuvre, un soir de février, à la tombée de la nuit. Les opérations de relevage se sont terminées à plus de 21 heures, à la lueur des lampions halogènes. Félicitations à nos plus jeunes, Guillaume, Sylvain, Sébastien, qui se sont dévoués sans compter sous les ordres de Gérard et Olivier. Au moins, ce genre d'exercice a le mérite d'inculquer aux plus jeunes la logique, le bon sens et le système D, sans négliger la sécurité.
Après reconstruction en rails de 15 kg, la voie 5 accueille désormais, une grande partie du matériel qui était stocké en voie 4, dont les 2 motrices électriques ex-ardoisières, et les 5 bennes de même provenance.

Guillermet remorqué par le Dujardin

Remorqué par le locotracteur Dujardin, la motrice Guillermet quitte son garage sur la voie 4 pour rejoindre la voie 5.
Février 2004

 

Elle roule... et déraille aussi

II s'agit évidemment de la locomotive V10C. Le manque de place dans le précédent bulletin ne nous a pas permis de nous étendre sur les premiers tours de roues de notre nouvelle pensionnaire. Si la mise en route s'est révélée être un jeu d'enfants, les sollicitations de la voie n'ont pas été sans problème. C'est ainsi, que le premier samedi qui a suivi le déchargement, nous avions décidé de tester tous les aiguillages. Au premier, pas de soucis, au second non plus, au troisième RAS. Mais au quatrième, on met franco un essieu dans le ballast, juste à l'entrée de l'atelier, de quoi empêcher la fermeture du portail de surcroît. Rassurez-vous, 45 minutes plus tard, malgré ses 16 tonnes, l'engin retrouvait sa voie. Dans l'après-midi, Guy faisait le nécessaire pour renforcer les éclisses de jonction entre le 18 kg et le 9 kg en sortie d'aiguillage, en entrant dans l'atelier.

L'essieu arrière du V10C en fâcheuse posture à l'entrée de l'atelier.
29 novembre 2003
V10C: un essieu dans le ballast

Pendant ce temps, les tests de voie se sont poursuivis, et ils nous ont démontré, comme on s'y attendait, que l'absence de ballast et le sous sol argileux serait fatale à la voie n° 3, en particulier au départ de Tichêne, à un endroit particulièrement marécageux en une période justement détrempée. Au bout de 3 ou 4 aller-retour, les traverses disparaissaient sous la boue, et les circulations furent interrompues sur le champ pour éviter une catastrophe.
Au moins quatre séances hebdomadaires furent nécessaires par la suite, pour drainer la plate-forme et remettre les voies à niveaux, à l'aide du peu de ballast qui nous restait en stock.

Ballastage

Rechargement en ballast de la voie 3.
Décembre 2003

Depuis tout va bien... hormis quelques petits problèmes mécaniques : une fuite sur le circuit de frein, un filtre à air hors service... Bref, de quoi s'occuper tout au long de l'année, et de quoi embaucher tous les mécaniciens bénévoles de l'association. N'hésitez pas à nous rejoindre..!
Mais, rien de tout ça ne l'empêche de marcher à merveille presque chaque samedi, au plus grand désespoir de Guillaume qui se sent obligé d'assurer la conduite...!

 

Une nouvelle cabine en vue

Comme prévu au moment de la décision de son acquisition, la locomotive V1 0C va être équipée d'une nouvelle cabine. Les plans ont été faits avec 2 versions : l'une façon Dujardin, l'autre, dans le même style, mais fermée avec des portes. Chaque solution présente des avantages et des inconvénients, mais le prix sera aussi un élément de décision. Le devis nous sera communiqué avant la mi-mars, mais sans doute trop tard pour vous être communiqué dans ces lignes. L'assemblée générale sera l'occasion d'en reparler et d'en discuter avec des montages photographiques, et aussi avec la maquette d'Henri Ménard, et même avec de remarquables maquettes virtuelles réalisées en informatique par Guillaume et Sylvain.
Pour être conforme au gabarit du Petit Anjou, la nouvelle cabine sera rehaussée de 30 cm et elle fera 2 mètres de large (au lieu de 1,70 m actuellement) ce qui entraînera un élargissement de la plate-forme de 15 cm de chaque côté.

 

Des trains de marchandises à la Maladrie

Pour la première fois dans l'histoire de l'AAPA, un vrai train de marchandises vient de circuler à La Maladrie, et un autre va être formé bientôt. Ne rêvons pas, les parcours sont symboliques, du fait que nos voies totalisent moins de 400 mètres, mais les trains correspondent à des besoins réels, et non pas été décrétés pour le "fun" . Le premier train, composé d'un wagon plat, a servi à évacuer une corde de bois à l'occasion des travaux préliminaires pour agrandissement de l'atelier. Le second aura pour objet de transporter une douzaine de tonnes de terre provenant de l'excavation nécessaire pour la fosse qui va être creusée dans l'extension de l'atelier. Ce sont les berlines ex-ardoisières qui feront le service. Elles seront chargées par un tractopelle de l'entreprise SAT Belliard de St-Léger-des-Bois, et la rame sera stockée pendant la construction de la fosse. Ensuite, la terre sera ramenée et déversée autour de la fosse. C'est le Dujardin qui a assuré et qui assurera ces trains, puisque la V10C n'a pas encore d'attelage. C'est aussi le Dujardin qui a assuré toutes les manoeuvres pour transférer les véhicules de la voie 4 à la voie 5, en prévision des travaux.

Le premier vrai train de marchandise de l'AAPA prêt au départ : un wagon plat chargé de bois à transférer... de la voie 3 à la voie 4.
Février 2004
train de marchandises

 

La vie de l'atelier en quelques images

La restauration de notre chère voiture Ac 21 alias "la Remorque" (elle a fini sa carrière comme remorque d'autorail R 21), va - sans faire de jeu de mot - bon train. Derniers travaux en date : la finition de la toiture qui, contrairement à la B 111, comporte un double lambris, intérieur et extérieur. Voici un petit reportage photographique montrant les forçats au travail.

Pose du lambris de toiture de l'AC21

Ac 21 : pose du lambris de plafond en pitchpin.
Janvier 2004

Ac 21 : dernier contrôle du serrage des arceaux avant la pose du parquet de toiture. On aperçoit sur cette photo les trois seuls arceaux en hêtre qui ont du être remplacés ainsi que le support d'une des lampes d'éclairage des compartiments.
Janvier 2004
Arceaux de toiture de l'AC21

Dans le même temps divers pièces neuves son en cours de préparation pour la construction de son châssis.

Enfin, le V10C fait également l'objet de menus travaux.

V10C: remontage du filtre à air

V10C : remontage du filtre à air après réparation.
06 mars 2004

Même la locomotive Pinguely fait l'objet de travaux. Les hublots en fonte - seules pièces récupérables de la cabine d'origine - sont débarrassés de leurs anciens boulons de fixation en vue de leur remontage.
Février 2004
Arceaux de toiture de l'AC21

 

Avis aux modélistes

L'Association du Chemin de Fer des Côtes du Nord, qui comme vous le savez a également acheté un V10C, nous signale qu'il existe un modèle réduit en kit de ce locotracteur à l'échelle HOm. Ce modèle est actuellement épuisé mais l'artisan qui le produit serait prêt à le relancer si suffisamment de personnes sont intéressées. Si c'est votre cas, merci de vous faire connaître rapidement par email. Bien évidemment, il ne s'agit en aucun cas d'un engagement définitif de votre part puisque le prix n'est pas encore fixé et sera fonction du nombre de modèles réalisés.

 

Un nouveau touristique métrique

En voyage en Guadeloupe, Henri Ménard nous a rapporté des nouvelles toutes fraîches d'un nouveau train touristique. Henri raconte :
C'est le 14 janvier 2004 que je décidais avec ma fille Evelyne de partir à la découverte de ce qui devait être le train de la canne. Nous avons pris la direction de Petit Canal-Port Louis où nous avions aperçu précédemment des vestiges de voie, traversée de route. En plein champ, dans la canne, sur la N6, nous apercevons de la voie. Un arrêt s'imposait à nos yeux pour faire une vérification... C'est bien du métrique et ça roule.
Nous repartons et entrons dans le premier petit sentier venu (mal carrossé) et enfin, une voie d'évitement avec en construction, une station, puis une deuxième, un peu plus loin, avec une drôle de forme de toiture (en zinc), on dirait une coque de noix.
Donc, nous avons suivi cette voie par la route N6, direction Port Louis : une indication "Allée de Beauport", en rénovation par le conseil général de Guadeloupe. Nous entrons dans cette allée toujours aussi mal carrossée et, au bout l'usine de traitement de la canne arrêtée et en friche depuis le cyclone Hugo en 1989, ô surprise, coup de klaxon, voilà dame draisine qui nous coupe la route, attelée à un tombereau rempli de ballast et accompagnée de trois ouvriers partant en réfection sur le circuit. Je fis signe au conducteur de stopper (ndlr : gonflé le riton !) et pris des renseignements.
C'est alors que rendus à cette usine nous avons rencontré le principal acteur de ce renouveau : Mr Patrick, détaché de la SNCF et chargé du programme qu'il mène avec bonheur à son terme. Nous prenons rendez-vous pour le mercredi 21 janvier à 11 heures.
Donc, ce jour là, une rame avec le locotracteur Socofer nous attendait, tout ça pour nous deux... eh oui !
La Draisine revenant de son chantier, nous repartons de suite pour les 6 kms dans les champs de canne avec le tac tac traditionnel du métrique. J'ai pris des photos pour cette "inauguration d'essai", dirions nous.
La pose de la voie est rendue à moitié du parcours définitif d'environ 10 kms. Celui-ci comportera trois passages à niveau. Le chantier donne une bonne impression avec une réfection qu'ils ont accomplie en traverses de réemploi SNCF recoupées.
Ce train fait partie du développement avec la mise en valeur du site de l'usine de Beauport, et deviendra un lieu touristique et culturel de la région Nord Grande Terre. Est également prévu un musée d'anciens matériels, qui comprendra une visite guidée de l'usine avec un jardin présentant diverses variétés de canne.
L'inauguration officielle en grande pompe est prévue lin janvier et je serai rentré en métropole.
H.M.

V10C: remontage du filtre à air

La rame du train de la canne au dépôt de Beauport (Guadeloupe)
Janvier 2004


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