![]() ![]() ![]() ![]() |
Les articles ci-dessous sont extraits de "La Voix du Petit Anjou", bulletin trimestriel de l'association. Ce bulletin est distribué gratuitement aux membres ou disponible par abonnement.
Nous vous l'annoncions dans le bulletin précédent, la section modélisme de l'AAPA (SMAAPA) réalise actuellement un petit réseau à l'échelle 1/43e représentant un tortillard à voie étroite nommé Tramways du Maine-et-Loire. L'affaire avance à grands pas puisque la voie est quasiment posée, fabriquée de toute pièce par Pierre Allard (rail du commerce sur traverses bois découpées une par une), dont plusieurs remarquables aiguillages parfaitement fonctionnel. Le décor représentant une rue de village dominant la cour de la gare d'un côté et une vallée serpentant au milieu des vignobles de l'autre a été réalisé par Guillaume, Cyril et Michel tandis que de splendides maisons sont en cours de réalisation entre les mains expertes d'André Gilles (la gare de type Anjou est magnifique !). Michel Raclin a également "reconditionné" la locomotive à vapeur et le locotracteur Magic train Fleischmann pour leur donner une allure moins chemins de fer industriels. En plus de son propre matériel comprenant un autorail Billard de construction maison, un gros locotracteur fourgon et plusieurs voitures et wagons, Michel a également construit une petite voiture à plates-formes ainsi qu'un wagon foudre, vignoble oblige. Si vous êtes intéressés par cette activité, venez nous rejoindre chaque jeudi soir au 184 rue de Frémur à Angers.
L'activité entre juin et début septembre s'est trouvée réduite par rapport à l'été 2004, du fait de notre participation aux animations de Plouec-du-Trieux (voir plus loin), et par une désaffection rampante dans les rangs des actifs. La raison tient en partie au fait que plusieurs membres aient été moins libres de leur temps, en raison de leurs activités professionnelles, et sans doute aussi au fait que l'effet des portes ouvertes de septembre 2004 se dissipe un peu. Les travaux de rivetage, particulièrement rudes, n'aident pas non plus à fidéliser les jeunes recrues. La saison aura donc été marquée par les travaux de rivetage du châssis de la voiture Ac 21. Cette phase sera terminée lorsque vous lirez ces lignes. Elle aura épuisé à la fois ses acteurs au cours d'une quinzaine de séances (dans un atelier parfois surchauffé approchant les 45°), et aussi les caisses de l'association avec la consommation de 7 ou 8 bouteilles de propane, sans compter les rivets (pas donnés !) l'oxygène et l'acétylène pour la surchauffe. Le sablage et la peinture sont programmés dans les semaines à venir, avec dans la foulée, le montage des essieux. Hélas, les ressorts de suspensions seront (provisoirement remplacés par des cales en bois, du fait que la caisse à monnaie est trop à plat pour faire face à cette dépense qui dépasse les 3 500 €. Le budget prévisionnel 2006 laisse quand même espérer cet investissement, faute de quoi, la voiture ne sera jamais autorisée à rouler. Et je ne dis rien de l'aspect !
Pour terminer ce châssis il faudra faire mouler des boisseaux neufs en fonte, car nous n'en avons jamais retrouvés d'autres que les deux qui équipent la voiture B 111. Fort heureusement, René Roulette, un de nos membres, est en train de nous épauler sérieusement pour la réalisation du modèle en bois indispensable pour les moules. Les coulées devraient avoir lieu d'ici la fin de l'année dans une fonderie de Mayenne. D'un autre côté, la caisse de cette voiture est toujours l'objet de travaux, notamment avec la mise en chantier des cadres de fenêtre (avec du bois offert par la scierie Rétif). A raison de 20 fenêtres, c'est 80 pièces de bois qui sont actuellement entre les mains de Sylvain, Guillaume et d'un petit nouvel apprenti menuisier : Philippe. Les réparations de l'ossature touchent à leurs fins, avec la confection en cours d'une « rustine » de 3 mètres de long, encastrée dans le longeron du bas de caisse.
Enfin le wagon tombereau TDS s'est vu paré d'une extrémité reconstruite par nos soins, entièrement rivetée. Pendant ce temps, Guy poursuit la réparation, voire le remplacement des montants de caisse (profilés en té) rongés par l'oxydation. Si tout va bien, ce véhicule sera sablé en même temps que le châssis de la voiture Ac 21 vers la fin septembre. Après peinture de ce châssis, un plancher neuf et un boisage de caisse neuf pourront alors être réalisés d'ici le printemps.
Côté V10C, les travaux sont un peu au ralenti. Seul un volet d'aération est en cours de fabrication. II faut dire que les problèmes techniques sont parmi les plus corsés, notamment pour former les ouïes et une moulure emboutie sur tout le pourtour. Après ça, il restera surtout la peinture, mais la couleur est source de fortes divergences de goûts (et de couleur).
Qui peut décliner le verbe riveter dans tous les modes et tous les temps ? En tout cas, il y a une demi douzaine d'habitués de la Maladrie qui sait le conjuguer à 40, voire 45 degrés Celsius ! C'est en effet les températures courantes dans l'atelier qui renferme la forge à gaz (donnée par une école) et le matériel de frappe, par un jour d'été un peu chaud. Et quand on dit 45°, c'est en négligeant le rayonnement de la forge en question, qui se comporte comme le soleil un jour de canicule. Le plus exposé, j'ai nommé Olivier le maître de forge, se trouvait encore plus exposé, car il a passé le plus clair de son temps, avec les mains à la bouche du foyer. Heureusement, il a de bons gants donnés par Guy.
Avant que nous rivetassions correctement, nous avons pourtant connu bien des aléas, notamment avec nos marteaux pneumatiques, comme vous le savez. II a souvent fallu retirer un rivet raté, en se posant des questions infernales pour contourner les problèmes d'accès pour nos outils de frappe... Lorsque tout allait bien, nous sommes arrivés à poser 20 rivets à l'heure, et quand tout allait mal, il a parfois fallu une heure pour un rivet ! Aujourd'hui, les pires difficultés ne sont que peccadilles pour la fine équipe qui a posé au moins 300 rivets depuis 5 mois, des rivets qui vont du diamètre 12 au diamètre 20 mm La tête des plus gros mesure près de 40 mm ! Certains nous trouveront peut-être prétentieux, mais quand on sait qu'il a fallu réinventer ce métier par nous mêmes, pratiquement sans conseil, et aussi avec du matériel inadapté ou défaillant, on est un peu fier... Surtout que nous sommes sans doute les seuls en France à avoir reconstruit un châssis selon la technique rivetée. Comme nous l'a confié un membre fondateur de la FACS (Fédération des Amis des Chemins de Fer secondaires) venu nous voir à la fin août, "vous êtes les plus fous de tous ceux que j'ai connu...".
Pour la petite histoire, la dernière séance, du 3 septembre a été l'occasion d'être plus fou que fou, c'est-à-dire de riveter au marteau à main. Ca marche bien, mais tous les rivets ne se prêtent pas à ce genre d'exercice, et, les Gérard, comme le Guillaume qui s'y sont exercés vous diront qu'ils n'en auraient pas fait 300 comme ça ! Si vous voulez voir le résultat, faites un petit détour par la Maladrie un de ces jours, avant que le châssis en question ne reçoive sa caisse, laquelle masquera une partie du chef-d'oeuvre...
Comme nous l'avions annoncé, notre draisine Billard a été la vedette de la petite gare du Réseau Breton de Plouec-du-Trieux, à quelques kilomètres de Pontrieux, sur la ligne de Guingamp à Paimpol, du 14 juillet au 15 août dernier. Le mardi 12 juillet dans l'après-midi, étant en vacances dans la région, je la réceptionnais avec notre hôte Daniel Bouterrin, grand coordinateur de la fête, en gare après un voyage sans encombre effectué par les transports Jollivet. Dès le lendemain matin, la voie était posée et la draisine aussitôt essayée. Démarrage au quart de tour de manivelle de son vieux moteur Ballot qui affiche tout de même au compteur 78 ans de bons et loyaux services !
Après l'inauguration officielle, en soirée, en présence d'une cinquantaine de personnes dont deux députés des Côtes-d'Armor, le vice-président du conseil général, le maire de Plouec, etc., une traverse de chemin de fer commémorative était posée en gare. Parmi les autres invités figurait également M Jaffrenou, directeur de la CFTA Réseau Breton, lequel nous avait permis, vers 1989, d'effectuer un voyage sur la ligne, jusqu'à Paimpol, à bord de leur dernière draisine. Le lendemain 14 juillet, Olivier me remplaçait pour la journée et, dès le 15, commençait la série des longs week-ends de trois jours au cours desquels j'allais être inséparables de notre bonne draisine. Je m'y suis donc collé trois week-end prolongés plus les 12 et 13 juillet soit au total 11 jours sur... 21 jours de vacances en Bretagne. Autant dire que celles-ci ont été très ferroviaires. Anne, qui m'accompagnait jusqu'à la gare, passa beaucoup de temps à broder au bord du Trieux. Heureusement, le temps était de la partie et souvent même caniculaire.
Malheureusement, bien peu d'engouement de la population pour cette prestation qui entrait dans le cadre du centenaire du tortillard des Côtes-du-Nord dont la première ligne mise en service partait de Plouec, et de la rénovation de la gare par un collectif constitué de diverses associations et par la municipalité. Au fil du temps, la curiosité fit tout de même venir quelques riverains et habitants de Plouec ainsi que plusieurs passionnés de chemins de fer en villégiature dans la région dont une famille suisse s'occupant d'un train à vapeur touristique près de la frontière autrichienne. Heureusement, au fil des jours, nous avons également sympathisé avec les membres du collectif organisateur et les habitants qui se relayaient chaque jour pour tenir la gare. Le temps fort fut marqué le dimanche 24 juillet par un vide grenier, dans la cour de la gare et la venue, en soirée, en tête d'un train spécial arrivant de Paimpol, de la locomotive à vapeur du Trieux, la 231 K 8. La journée fut mémorable par la mini tempête qui accompagna la fête et qui faillit bien faire envoler le barnum qui servait de remise à la draisine. Pour l'anecdote, le train vapeur étant en gare, quatre "gros bras" tenaient chacun un pied du barnum pour l'empêcher de voler alors qu'un autre arrimait des cordes attachées à la hâte à la voie de croisement sur laquelle devait passer l'autorail régulier. II fallut se précipiter à l'arrivée de celui-ci car on avait oublié les cordes et l'engin klaxonnait au loin. Nous avons donc agrippé de nouveau les pied du barnum tout en appuyant du pied sur les cordes pour que l'autorail puisse passer, le tout dans la plus totale indifférence de la foule occupée à admirer la 231 K 8. Pour ma part j'ai rencontré, au cours de ces journées, pas mal d'anciens et de riverains reconnaissant la draisine et la revoyant jadis passer au bout de leur jardin. Beaucoup ont enfin compris par quelle astuce la sacrée draisine faisait demi tour intrigués qu'ils étaient alors de ne jamais la voir dans le même sens, grâce à quelques démonstrations de retournement. Beaucoup d'Angevins également de passage dans la région dont Gilbert et Marie-Madeleine Bernier venus exprès de Dinant. J'ai aussi été étonné du nombre de Bretons du coin venus en vacances en Anjou ou y ayant de la famille. C'est vrai que nous sommes tout de même un peu voisins. Les vacances se terminant hélas au 31, c'est juste après avoir refermé l'abri de la draisine que nous avons repris la route pour Angers. Le week-end des 5, 6 et 7 août fut ensuite assuré par Gérard Békra et Gérard David puis celui du 12 au 15 août par Gérard Dezaire et Sylvain Dodiau. Ce même week-end, le dimanche 14, tous les participants angevins du centenaire du mois de mai se retrouvaient de nouveau en gare de Plouec avant de rejoindre Boutdeville pour une grande journée de retrouvailles et un banquet final. Encore merci aux amis bretons pour leur chaleureux accueil et en particulier à Nelly et Daniel Boutterin pour leur accueil à Plouec. Michel Raclin
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||