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Au début de l'exploitation, la Compagnie de l'Anjou, comme la plupart des réseaux secondaires, se fit livrer un matériel léger, constitué de châssis assez courts, montés sur deux essieux, avec tamponnement central, mode très caractéristique de la voie métrique. A l'inverse pourtant de nombreux confrères, les concessionnaires optèrent pour des voitures à compartiements et portières latérales plutôt qu'à plates-formes ; à partir de 1929, cependant, la S.E. s'orienta vers l'acquisition de matériels d'occasion, avec des voitures à boggies dotées de plates-formes aux extrémités. Les ateliers Blanc-Misseron livrèrent ainsi, à partir de 1892, des voitures à essieux de plusieurs types, A (1ère classe), B (2ème classe), AB, AAB et ABB (mixtes). Ces petits véhicules donnant entière satisfaction, on en fit une seconde commande en 1896 pour la ligne Saumur - Cholet.
La compagnie tint cependant à expérimenter un nouveau type de voitures sans compartiment dit "à couloir", une de 1ère classe (Ac) et quatre de 2ème classe (Bc). Au vu des divers inconvénients de ce nouveau matériel, la compagnie ne récidiva que pour trois exemplaires en 1899, préférant compléter son parc avec des voitures à portières latérales.
C'est au total 90 voitures, dont 8 à couloir, qui furent livrées entre 1893 et 1910. Ce parc resta quasiment complet jusqu'en 1929, année d'arrivée des 12 voitures à plates-formes et à boggies. Il chuta ensuite lors de la séparation de plus en plus marquée entre le trafic voyageurs et le trafic marchandises, au fur et à mesure de l'arrivée des automotrices ; 28 voitures à essieux resteront cependant en service jusqu'en 1948. Ces voitures construites avec une caisse en bois couverte de tôle, étaient uniformément peintes en vert (peut-être réchampi d'une autre couleur à l'origine). Le sigle "Anjou" apparaissait sur chaque flanc, ainsi que le numéro d'exploitation. Toutes étaient équipées du frein à vide Soulerin, de lanternes à huile pour l'éclairage intérieur, mais étaient dépourvues de chauffage. En hiver, on avait recours à de longues bouillottes remplies d'eau chaude, que l'on glissait sous les pieds des passagers au moment du départ. Les banquettes étaient en simples lattes de bois pour les secondes, tandis qu'elles étaient rembourrées et recouvertes de tissu en première classe. Chaque compartiment disposait d'une seule lanterne, qu'un lampiste... acrobate allumait en marchant sur le toit des voitures. Plus tard, la S.E. forma des rames "voyageurs" indivisibles qui reçurent un éclairage électrique alimenté par une génératrice installée dans le fourgon.
A la fermeture du réseau, ces voitures se révélèrent intéressantes pour servir... d'abris de jardin. Une quinzaine furent ainsi vendues, parfois au mètre, à des particuliers, et il n'était pas rare dans les années d'en voir une moitié ou un tiers, sur le bord de quelque route des Mauges ou dans le potager d'une ancienne gare. Quatre voitures ou portions de voitures ont pu être sauvegardées par l'AAPA : la B 111, la B 118, la B 130 et l'Ac 21 unique modèle de voiture de 1ère classe à couloir construit pour la Cie de l'Anjou Dans le rapport du directeur de la S.E. pour 1929, il était proposé l'achat de voitures à boggies d'occasion, circulant jusqu'alors en Seine-et-Marne. Ces voitures dépassaient la longueur prescrite par le cahier des charges, mais, grâce à leurs boggies, elles pouvaient s'inscrire correctement dans les courbes. Construites en 1902 par les Ateliers Blanc-Misseron, elles comportaient deux plates-formes situées aux extrémités, donnant accès à deux compartiments, respectivement de seconde et de première classe. Elles étaient dotées d'un chauffage par thermosiphon. Il était prévu d'acheter 7 voitures, dont 4 destinées à Angers - Candé et 3 à Angers - Noyant. C'est en fait 10 véhicules qui viendront de Seine-et-Marne. Peu de temps après, 2 autres en provenance du réseau du Nord seront mis en service. Avec leur allure «western » et le plaisir des voyages sur la plate-forme, ces voitures à boggies, type ABf, laissèrent un agréable souvenir. Les tractionnaires appréciaient leur excellente tenue de voie ; sur la ligne de Baugé, il les attelaient juste derrière la locomotive, en serrant au maximum l'attelage, afin de constituer un ensemble beaucoup plus stable sur la voie ; à Baugé, on gardait souvent juste une voiture à boggies et le fourgon pour continuer jusqu'à Noyant.
Sur la ligne de Cholet, elles circulaient également en rame d'une seule voiture avec le fourgon. Elles furent surtout utilisées entre Angers et Beaupréau et sur Beaupréau - Nantes. A la fermeture, en 1947, elles furent vraisemblablement démolies, sauf quelques-unes qu'achetèrent des particuliers pour servir d'habitation ou de cabane dans la région de Beaupréau.
Dès l'origine, des fourgons destinés au transport des bagages encombrants, des bicyclettes, des gros colis, furent incorporés aux rames voyageurs. Ces fourgons étaient également équipés de deux niches à chiens, puisque ceux-ci n'étaient pas admis dans les voitures. On mit en circulation 24 fourgons sur les différentes lignes du réseau. Ils formaient deux séries, dont une, immatriculée Dp, étaient munies d'un compartiment pour le facteur ambulant et de casiers pour le tri du courrier. La deuxième série, immatriculée D, comprenait des fourgons sans aucun équipement particulier.
L'ensemble des fourgons fut livré à partir de 1893 et jusqu'en 1910. Tous équipés du frein à vide Soulerin, ils possédaient en outre un frein à vis actionné par un volant. Le chef de train, qui disposait d'un strapontin, utilisait ce frein en cas de besoin, après appel de la locomotive par coups de sifflet. A titre indicatif, signalons qu'en 1896 un fourgon postal coûtait 3 900 francs, un fourgon simple, 3 700. En 1947, certains fourgons sont vendus à des particuliers, toujours pour les utilisations déjà citées. Les restes des Dp 209 et D 251 seront d'ailleurs retrouvés dans un potager près de Beaupréau et récupérés par l'AAPA. Seuls deux d'entre eux resteront en circulation entre Angers et Bécon-les-Granits jusqu'en 1955.
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